Préparation physique

Tout sur le syndrome de la bandelette ilio-tibiale

Par Maude Jobin Marchand, physiothérapeute
Clinique INTERAXION
740 Boul. Lebourgneuf, Suite 10
Québec (Québec) G2J 1E2 Canada

 


Suivez la chronique du Dr Pascal Normandin

« Live more » Vivre intensément! Là est la devise du XTERRA. Nager en eau libre, quoi de plus enivrant? Cette ivresse nous mène parfois à oublier les signes que nous envoi notre corps, des signes qu’une blessure se développe. Voici une série d’articles portant sur la santé du triathlète.

À propos de l’auteur.

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CCPN PascalNormandinPamelaMineault 2015Dr Pascal Normandin, chiropraticien, est gradué de l’Université de Trois-Rivières en 1998. Il exerce à la clinique CCPN qu’il a fondé à St-Augustin depuis ce temps. Il possède une formation en Active release technique, Kinesio-taping, premier répondant sport et terminera en 2016 le programme de 2e cycle en chiropratique sportive. À travers les années, il a travaillé auprès d’athlètes dans des équipes et évènements sportifs. Lui et son associée, Dre Pamela Mimeault chiropraticienne, seront sur place au Xterra Québec pour offrir des soins gratuitement aux participants.

ARTICLE #1 : Parlons natation !

La première étape du triathlon se déroule dans l’eau où l’effort se fait principalement avec les membres supérieurs. Qui nage depuis longtemps n’est pas étranger aux problèmes d’épaules. Il est démontré que les blessures aux épaules constituent le motif de consultation majeur pour les nageurs. Ces derniers consultent en santé pour l’épaule dans 90% du temps1-2.   Il est généralement accepté que le nombre de répétitions fait par les bras lors du mouvement est la raison principale des troubles de l’épaule1. Mais comme ce ne sont pas tous les nageurs qui se blessent, cette surutilisation doit être combinée à autre chose1. Plusieurs théories furent émises : tendinose avasculaire des muscles de la coiffe des rotateur, tendinose du biceps, accrochage sous musculaire.

Les chercheurs croient que les exigences spécifiques à la natation (voir diagramme) qui permettent d’améliorer les performances, sont à la source même d’une diminution de la stabilité de l’épaule menant à l’instabilité et sont ainsi la source principale des problèmes1.

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Comment prévenir les blessures?

Les auteurs s’entendent pour dire que parmi les causes les plus fréquentes apparaissent les défauts techniques et le déséquilibre musculaire2-3-4. Une étude faite sur 31 nageurs de niveau collégial a été faite dans le but de détecter les erreurs techniques. On y a découvert que 61,3% des cas avaient le coude trop bas lors de la poussée et que 52,1% avaient le coude trop bas lors du recouvrement4. Ces deux erreurs augmentent le stress sur les tendons de l’épaule. La correction et la pratique de la bonne technique permet de réduire les blessures2-4.

Une autre étude a évalué la force musculaire de l’épaule en présaison avec un programme de musculation et ensuite pendant la saison lorsque les athlètes ne faisaient que nager. Ils ont démontré que la force des stabilisateurs de l’épaule diminuait de façon significative au cours des 16 semaines ou la musculation était laissée de côté3. Le maintien d’un programme de musculation de l’épaule tout au long de la saison est conseillé pour réduire le risque de blessure2-3.

Bonne Natation.

Dr. Pascal Normandin chiropraticien

Directeur médical XTERRA Québec, propriétaire CCPNchiro

www.ccpnchiro.ca

 

Références

  1. Edward J. Weldon III, MD*, Allen B. Richardson, MD* UPPER EXTREMITY OVERUSE INJURIES IN SWIMMING : A Discussion of Swimmer’s Shoulder, Clinics in Sports Medicine Volume 20, Issue 3, 1 July 2001, Pages 423–438
  2. Bak, Klaus MD, The Practical Management of Swimmer’s Painful Shoulder: Etiology, Diagnosis, and Treatment Clinical Journal of Sport Medicine September 2010 – Volume 20 – Issue 5 – pp 386-390
  3. Batalha, Nuno M.1,2; Raimundo, Armando M.1,2; Tomas-Carus, Pablo1,2; Marques, Mário A.C.2,3; Silva, António J.2,4 Does an In-Season Detraining Period Affect the Shoulder Rotator Cuff Strength and Balance of Young Swimmers? Journal of Strength & Conditioning Research July 2014 – Volume 28 – Issue 7 – p 2054–2062
  4. Bonnie Virag, MA, ATC†, Elizabeth E. Hibberd, MA, ATC‡,*, Sakiko Oyama, PhD, ATC§, Darin A. Padua, PhD, ATC‖ and Joseph B. Myers, PhD, ATC‖Sports Health: Prevalence of Freestyle Biomechanical Errors in Elite Competitive Swimmer A Multidisciplinary Approach May/June 2014 vol. 6 no. 3 218-224

 

ARTICLE #2 : Le genoux du cycliste

La deuxième étape du triathlon est le vélo, l’épreuve la plus longue en distance de l’évènement. En montagne comme en route, le mouvement des membres inférieurs est le même, des milliers de répétitions de flexion et d’extension des genoux, des hanches et des chevilles.

Un cycliste moyen qui pédale à 90 révolutions par minute, fait 5400 flexions et extension du genou à l’heure.

À ce grand nombre de répétitions, ajoutons la tension créée par les muscles afin de pousser sur la pédale. Tension plus répétition, un beau cocktail pour une blessure, n’est-ce pas?

On regroupe les troubles du genou chez le cycliste en fonction de la région atteinte : avant, arrière, interne et externe.

La partie antérieure du genou vient au premier rang des blessures en termes de fréquence 1. La coupable est le plus souvent la patella ou rotule. Le syndrome fémoro-patellaire, c’est comme cela qu’on l’appelle, est le résultat d’un frottement excessif de la patella sur l’avant du fémur (l’os de la cuisse) combiné à un mauvais alignement. Une multitude de facteurs peuvent aggraver ou influencer la situation mais leur énumération déborderait du thème de cet article. Sur le vélo, une selle trop basse ou trop avancée fait parfois partie de la problématique.

Du côté opposé, l’arrière du genou devient douloureux lorsque les tendons des muscles de l’arrière de la cuisse, les ischio-jambiers, sont soumis à un excès d’étirement par une selle trop élevée. Généralement, les symptômes apparaissent entre quelques semaines et 2 mois après avoir modifié la position.

L’intérieur du genou devient sensible quand ce dernier se déplace vers l’intérieur au cours du cycle de pédalage. Le ligament collatéral interne ou un groupe de tendons nommé « la patte d’oie » deviennent alors irrités. Une instabilité au pied, une faiblesse des fessiers ou une mauvaise technique de pédalage en sont souvent les responsables.

Reste l’extérieur du genou et la bandelette ilio-tibiale, cette grande membrane fibreuse s’étendant latéralement de la hanche au côté du genou. Le syndrome du même nom se manifeste par une douleur sur le côté du genou souvent décrite comme un coup de poignard. Les cyclistes qui un mouvement interne/externe du genou exagérés en sont souvent les victimes.

Sans être une énumération exhaustive des troubles du genou cette chronique fait le survol des troubles les plus fréquemment rencontrés chez les cyclistes. Afin d’éviter qu’un de ceux-ci ne vienne ruiner votre saison, prenez en considération les éléments suivants.

  1. Augmentez progressivement le volume ou l’intensité de votre entraînement.
  2. Assurez-vous de maîtriser une bonne technique de pédalage.
  3. Soyez certain que votre position sur le vélo est adéquate.
  4. Entraînez vos muscles stabilisateurs de la hanche et du pied

Bon vélo.

Dr. Pascal Normandin chiropraticien

Directeur médical XTERRA Québec, propriétaire CCPNchiro

www.ccpnchiro.ca

 

Références

  1. Callaghan Michael J, Lower body problems and injury in cycling, Journal of Bodywork and Movement Therapies (2005) 9, 226–236

 

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